Anthologie de Charles Melman

Charles Melman : Comment une femme se débrouille-t-elle - ou pas ? II

Lorsqu’il est arrivé à Lacan de faire une conférence à Rome, à la suite de laquelle, un grand quotidien Italien… je ne sais plus si c’était La Répubblica, Le Corriere della Sera …a sorti en première page une information sur l’essentiel de cette conférence, Lacan : La femme n’existe pas, ce qui se voulait un titre très ironique et sarcastique. Vous vous rendez-compte ce que ce Français est venu raconter : La femme n’existe pas ! Non mais vraiment !

Il suffit cependant d’être un observateur, pour faire remarquer qu’entre son statut de fille dans sa famille, c’est-à-dire d’élément, je ne dis pas de sujet, d’élément dont la sexualité n’est pas reconnue dans son exercice autonome.

Charles Melman : Comment une femme se débrouille-t-elle - ou pas ? II

Charles Melman : Comment une femme se débrouille-t-elle - ou pas ? I

EPhEP, Grande conférence de l'EPhEP, le 06/02/2020
Je ne crois pas que le temps de la conférence soit le plus approprié pour le sujet que j’ai proposé de traiter, et qui m’a valu quelques remarques postales désagréables que je n’ai pas très bien comprises je dois dire. Parce que se demander, demander comment une femme se débrouille, c’est d’abord rappeler que c’est bien, non seulement le problème des femmes mais aussi bien celui des bonhommes, puisque je crois que nous conviendrons ensemble et unanimement, qu’il n’y a pas de savoir constitué sur la façon d’assumer son sexe, ni même de le pratiquer. Cela étant vérifié et vérifiable, il est inévitable que chacun soit invité à se débrouiller, c’est-à-dire à inventer le savoir qui lui conviendrait le mieux ainsi qu’à son entourage. Mais tout ceci est bien, bien que ça ne paraisse guère noble, une affaire de débrouille.

Charles Melman : Comment une femme se débrouille-t-elle - ou pas ? I

Grande conférence de l'EPhEP : Charles Melman "Le corps sur le divan. Les pathologies minées par l'inconscient" - 3

Comme je l'ai évoqué déjà depuis un certain temps, il m'est arrivé de recevoir un patient inattendu, qui était donc un, je dois dire comme ça, un homme sans qualité, d'une cinquantaine d'années, et dont le symptôme était immédiatement visible, puisqu'il présentait un torticolis qui classiquement est spasmodique, mais qui chez lui était tonique. Un torticolis spectaculaire et extrêmement douloureux, puisqu'il s'avançait avec la tête tournée de côté, de telle sorte que son visage était latéral, et que face à la douleur et pour résister contre cette tension musculaire, il tenait son visage de la main. Il arrivait chez le psychanalyste en dernier recours, dans la mesure où il avait parcouru la liste des spécialistes et que quinze jours auparavant il s’était engagé pour une intervention chirurgicale qui est toujours très délicate et incertaine dans ses résultats. Intervention chirurgicale, qui consiste à aller sectionner un très mince filet nerveux dans la moelle cervicale, ce qui n'est pas inoffensif.

Grande conférence de l'EPhEP : Charles Melman "Le corps sur le divan. Les pathologies minées par l'inconscient" - 3

Grande Conférence EPhEP de Charles Melman : Le corps sur le divan. Les pathologies minées par l'inconscient

Affiche conférence de Charles Melman 2019

 

Voilà bien un problème laissé en suspens : celui des rapports de l’esprit et du corps.

Sans doute parce que c’est la morale, stoïcienne, qui régit voire crée ces instances, les nomme et les sépare irréductiblement, et fait de nous les enfants perplexes de ce divorce. Peut-on cesser d’être un enfant ?

L’esquisse d’une psychologie scientifique de Freud nous servira de départ.

Grande Conférence EPhEP de Charles Melman : Le corps sur le divan. Les pathologies minées par l'inconscient

Charles Melman : Le droit de chacun au traumatisme

Je vais prendre appui sur ce que vous avez apporté au cours de ces journées, et en particulier à partir de ces deux excellentes contributions de Marie-Charlotte et d’Omar, pour vous proposer rapidement quelques formules.
La première consistera à faire remarquer que nous fonctionnons dans un monde fait de semblants. Et que ce qui caractérise le traumatisme, et à mon sens d’une façon que je proposerai comme générale, c’est l’irruption dans ce semblant de cette dimension qui est celle du Réel. Le semblant est évidement une protection contre le réel, puisque c’est d’une certaine manière le réel qui en entretient le mouvement, le mouvement du langage, qui entretient le désir, qui entretient le sens à la condition justement qu’il reste à sa place et ne vienne pas faire irruption dans le champ de la réalité, c’est-à-dire celle du semblant.

Charles Melman : Le droit de chacun au traumatisme

Charles Melman et Dominique Reynié : L'inconscient est le politique -2 (transcription)

Charles Melman – C’est pour nous un privilège de pouvoir écouter ce soir le professeur Reynié qui, entre autres activités, enseigne à l’Ecole des Sciences Politiques, dirige la Fondation pour l’Innovation Politique, qui vient de publier un ouvrage dont le titre semble bien concerner notre actualité, puisqu’il s’appelle Les nouveaux populismes. Et nous avons ainsi, grâce lui, l’occasion d’entendre et de participer aux élaborations les plus récentes, les plus techniques et les plus pertinentes sur la situation politique et les problèmes de la vie politique de façon plus générale.
Je le remercie donc à d’avance de bien vouloir être avec nous ce soir. À vous, si vous le voulez bien.

Charles Melman et Dominique Reynié : L'inconscient est le politique -2 (transcription)

Charles Melman : Théories se rapportant à la psychopathologie - 7

Vous aurez sûrement le loisir, à un moment ou à un autre de votre parcours, d’apprécier de quelle façon le refus, le maintien à l’écart des savoirs ou du savoir que peut apporter la psychanalyse, et aussi bien sur les phénomènes sociaux que Freud ne s’est pas épargné d’aborder au niveau de la psychologie des masses, et à un moment, en 1925, où cette psychologie des masses commençait à montrer son visage, c’est-à-dire à être menaçante, menaçante dans la quête d’une identité collective assurée, affirmée ; et cela bien sûr dans le refus du milieu culturel de prendre en compte les données pourtant simples, et après tout pourquoi pas, on a le droit de rêver, qui auraient peut-être empêché un certain nombre de conséquences, dont il est frappant de voir de quelle manière leurs résurgences se préparent ; et cela toujours dans le refus du milieu culturel de ceux qui donnent le la en matière de pensées et du droit de penser, et de quelle façon cela risque de nouveau de se payer cher. C’est comme ça ! C’est comme ça, mais ça ne doit pas nous empêcher de méditer justement sur le prix de ce que nous enseignons qui parfois à l’air banal, parfois difficile, mais qui en tout cas concerne des conséquences essentielles.

Charles Melman : Théories se rapportant à la psychopathologie - 7

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