Anthologie de Charles Melman

Charles Melman : Scène transférentielle du traumatisme

Du traumatisme nous avons l'algorithme : $.
C'est la barre qui l'inscrit, faisant du sujet un sujet barré, parlé donc maintenant par le sexe.
Le sexuel noue ainsi le sacré – la barre signe la visite du dieu – à la vérité, la faille qu'elle ouvre dans l'Autre et où palpite le désir.
Cette barre peut être identifiée et nommée : phallus.

Charles Melman : Scène transférentielle du traumatisme

Charles Melman : Le désir de l'analyste

Comme c'est une rencontre qui marque la fin de l'année, je vais faire un effort particulier et essayer de nous faire aller à cette conclusion qui concerne le désir de l'analyste et l'opportunité que nous avons, plus que jamais, d'essayer de nous situer à l'égard de cette formulation de Lacan et à l'égard de ce qui est éminemment actif dans la cure.
Je vous faisais remarquer la dernière fois l'antipathie que suscitait Lacan dès lors que sa parole n'était pas organisée par une souffrance ou par une défense contre la castration, et que cette antipathie était en quelque sorte de structure. Comment se mettre en phase avec celui qui ne fait pas valoir sa parole à partir de ce qui nous rend humains?

Charles Melman : Le désir de l'analyste

Charles Melman : Conclusion de la journée sur le burn-out

Je voudrais d’abord dire le plaisir que j’ai pris à écouter les communications qu’ont bien voulu nous faire aussi bien M. Thomas Périlleux, Mmes Pascale Moins et Pascale Bellot-Fourcade, ainsi que Jean-Pierre Lebrun. Ainsi que ces interventions si justes et pas moins prenantes faites par nos collègues autour de cette table ronde. Ce que je retiens personnellement, c’est d’abord évidemment la difficulté d’aborder le burn-out dans la mesure où c’est une affection aussi symptomatique dont la clinique est à la fois violente, directe et courbe, et en même temps vivante bien sûr.

Charles Melman : Conclusion de la journée sur le burn-out

Charles Melman : Introduction à la psychiatrie lacanienne -3

Cours magistral Charles Melman Je vous fais donc cette remarque banale – mais qui n’est peut-être pas assez soulignée – pour faire valoir la relation très spéciale que nous avons avec la parole, pour revenir sur cette distinction essentielle et en générale écartée, qui est la distinction entre savoir, savoir parler, et puis connaissance, puisque vous savez parler sans pour autant avoir acquis la moindre connaissance. Plus tard, on vous fera entrer dans la filière où il s’agira de domestiquer la façon que vous avez de parler, de régulariser la parole, de la rendre commune et supposée savante. Le savoir et connaissance vous ne savez pas d’où il vient, comment il s’est produit. Ici par exemple on vous enseigne des connaissances, et qui éventuellement rencontrent harmonieusement ou dysharmonieusement le savoir spontané que vous pouvez avoir de telle ou telle situation, ce que vous comprenez intuitivement et parfois contre les connaissances.

Charles Melman : Introduction à la psychiatrie lacanienne -3

Introduction à une psychiatrie lacanienne -4

Conférence Charles MelmanCe que j’ai à vous raconter ce soir est très amusant mais assez difficile à exposer. Ce que je vous propose donc, c’est que si vous avez quelques difficultés en cours de route, eh bien vous vous signalez, puis je m’arrêterai et j’essayerai d’expliquer ce qui fait problème. Car comme vous le verrez, il y en a quelques-uns, qui ne sont pas tout à fait inintéressants, puisque nous allons essayer ce soir de voir de quelle façon on se névrose ou on se psychose. Voyez, ça peut avoir quelque intérêt.

Je commencerai par un souvenir ancien, très ancien, puisqu’il concerne ce qui se passait dans les villages de la Grèce, il y a quelques temps de cela, où la vie des habitants était rythmée par le passage des aèdes qui venaient raconter - quoi ? Ils venaient raconter les voyages d’Ulysse.

Introduction à une psychiatrie lacanienne -4

Charles Melman : Introduction à une psychiatrie lacanienne -2

Vignette Charles MelmanAlors, ce soir nous allons nous livrer à un exercice pratique, ça va nous changer un peu, il ne faut quand même ne pas se contenter d’écouter sagement ou pas sagement mais il faut aussi faire un peu et c’est ce qui va nous arriver, avec votre aide.

En effet, nous allons découvrir de quelle façon ce que nous savons, et qui cependant peut être essentiel, est méconnu ou inconnu de nous-mêmes. Nous le savons et cependant nous ne le connaissons pas. Ça c’est aussi étrange que fondamental qu’il y a en chacun de nous un savoir, un savoir essentiel puisque c’est celui qui le fait agir, et que cependant ce savoir échappe à sa connaissance. Et donc nous allons voir ensemble de quelle manière une part de ce savoir est susceptible d’entrer pour nous ce soir, exceptionnellement, dans le registre de la connaissance et vous pourrez constater que, effectivement, ce que je vais vous dire vous le saviez parfaitement et que cependant, jusqu’à cet instant même vous l’ignorez.

Charles Melman : Introduction à une psychiatrie lacanienne -2

Charles Melman : Introduction à la psychiatrie lacanienne - cours magistral 1

Vignette Charles MelmanCela relèverait peut-être du principe de précaution qui paraît-il, est à la mode. C’est un principe très curieux, le principe de précaution. Il faudrait peut-être donc que je vous conseille ce soir d’attacher vos ceintures, parce qu’il est possible, mais je n’en suis pas certain, que vous puissiez éprouver quelques turbulences ; « turbulence » c’est le même mot que celui qui veut dire troubler turbuler, troubler, cela a la même racine. Mais là, il ne s’agit pas de vous troubler, mais il s’agit plutôt, justement de nous éclairer. L’éclairage n’ayant d’intérêt évidemment que de se porter sur les causes, les causes qui par définition si je puis dire, sont cachées et donc c’est sûrement en m’autorisant du vieux principe, je dirais qui nous vient de l’époque des Lumières, que je vais vous avancer un certain nombre de propos sur ce qui nous réunit ce soir.
Le titre d’abord exact, des quelques leçons que nous allons avoir, c’est : « la psychiatrie selon Lacan et d’après moi », pas après, d’après.

Charles Melman : Introduction à la psychiatrie lacanienne - cours magistral 1

Charles Melman : Qu’appelle-t-on traumatisme psychique ?

Ce qu’il y a de bien dans le traumatisme psychique – parce qu’il y a quelque chose de bien dans le traumatisme psychique – c’est qu’il ne donne rien à voir et qu’il ne donne rien à entendre, ce qui fait que du même coup, la clinique en est forcément réduite, limitée. Rien à voir, la description est donc rapide, succincte, puisqu’il a simplement à noter qu’il s’agit d’un patient dépourvu en général de motricité et d’idéation. Il est comme on dit « stone » ! Et puis il n’a évidemment rien à proposer, rien à demander non plus. Et c’est donc un tableau à la fois impressionnant et en même temps passionnant pour essayer de repérer, premièrement ce qui est en cause, et puis deuxièmement qu’est-ce que l’on va essayer de faire pour ce patient qui a en outre la propriété de ne rien demander. Il ne demande rien.

Charles Melman : Qu’appelle-t-on traumatisme psychique ?

Charles Melman : Quelle autorité voulons-nous ?

Je suppose que si c'est chaque fois à la fin que l'on me demande de parler, c'est peut-être dans l'espoir que je parviendrai à délimiter finalement le trou autour duquel jusque là chacun des orateurs a essayé de tisser son parcours, de l'organiser, avec la question de savoir si la particularité de ce qui a ainsi animé chacun est susceptible de se résorber dans ce qui serait justement un intérêt général.
C'est ce que je vais tenter de faire, fidèle donc au rôle qui m'est habituellement échu, en faisant remarquer d'abord que notre relation à l'autorité est systématiquement pathologique. Je pense que là- dessus, on en conviendra aisément : il n'y a pas d'organisation sociale qui s'avère heureuse, satisfaisante, je dirai même marquant un achèvement de l'effort qui se poursuit depuis des millénaires pour que notre vie sociale s'avère - pourquoi pas ? Après tout - pas seulement masochiste mais également agréable.
Elle est pathologique doublement, réciproquement : D'abord à partir de l'autorité qui souffre de voir que ses administrés ne sont jamais à la hauteur, jamais comme il voudrait. Et de la part des administrés qui souffrent du fait que finalement leur chef n'est jamais à la hauteur, n'est jamais comme il faudrait. D'où cette double tentation dans laquelle nous sommes en général les uns et les autres qui est de s'accuser soi-même, de vivre dans la faute, dans la culpabilité tout en accusant bien sûr cette autorité qui aurait certainement pu ou dû arranger les choses autrement.

Charles Melman : Quelle autorité voulons-nous ?

Charles Melman : Psychopathologie de la vie quotidienne, les réponses de Jacques Lacan

Donc certains d’entre vous ont manifesté un intérêt légitime d’avoir quelque idée sur la personnalité de Lacan. Alors plutôt que de vous faire un croquis qui est toujours partiel, partial, caricatural souvent, j’ai pris le parti de vous lire une lettre de lui. C’est une lettre qui date du mardi de Pâques 1953, c’est-à-dire le 7 avril 1953, et qui se trouve adressée à son frère Marc, qui était frère bénédictin dans l’abbaye de Hautecombe. Voici donc cette lettre qui a été retrouvée dans les papiers par les Frères après la mort de Marc, et ils ont estimé que ces lettres revenaient légitimement aux élèves de Lacan. C’est comme ça que pour ma part j’en ai communication. Je ne pense pas qu’elle ait été publiée puisque c’est une lettre privée :

Charles Melman : Psychopathologie de la vie quotidienne, les réponses de Jacques Lacan

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