Anthologie de Charles Melman

Charles Melman : Théories se rapportant à la psychopathologie - 5

Alors j’ai donc décidé ce soir de vous raconter des histoires amusantes. On ne va pas toujours s’embêter ! Donc je vais vous parler de la vie du couple.

Il y a une combinatoire très limitée finalement qui organise la vie du couple. Alors on va voir  très rapidement les divers cas de figures.

Dans le premier cas de figure, le bonhomme tient sa femme pour une handicapée. C’est amusant ça hein ! Handicapée puisqu’elle ne fait jamais les choses comme il faut. Et surtout, ce qui est très embêtant, c’est qu’elle ne pense pas comme lui. Le pire c’est que c’est vrai ! Elle ne peut pas penser comme lui, parce que sa façon à elle de penser est organisée différemment.

Charles Melman : Théories se rapportant à la psychopathologie - 5

Charles Melman : Le nomadisme est-il l’avenir ?

Je vais m’autoriser à avancer cet après-midi, à risquer des thèmes qui fâchent. Qui sait ? Si ça peut, après tout, intéresser ou nous servir, il faut bien en prendre le risque. On ne peut pas être toujours satisfait, et le domicile, c’est sûrement un sujet qui fâche.
La preuve, c’est que nous faisons beaucoup d’efforts les uns et les autres pour en avoir un, et puis une fois qu’on l’a, il n’est pas rare que l’on rêve de se tirer ailleurs...quand on ne le fait pas ! Et si on se tire ailleurs, c’est pour recommencer, c’était malin !
C’est un sujet qui fâche et qui fâche à l’intérieur même d’ailleurs du domicile, entre ceux qui le partagent et qui estiment toujours que leurs partenaires, soit sont excessifs, soit sont par défaut. Ce qui fait que l’équilibre ne semble que rarement, je dirais, satisfaisant, et l’adolescent qui nous intéresse se caractérise par ceci, qui est bien connu et que vous avez bien sûr évoqué Thierry Delcourt, c'est-à-dire qu’il s’enferme dans sa chambre. Autrement dit, il manifeste que lui, il est déjà parti. Lui, il est déjà ailleurs. Ou qu’il n’en est pas. Mais vraiment il en a par-dessus la tête.

Charles Melman : Le nomadisme est-il l’avenir ?

Charles Melman : Théories se rapportant à la psychothérapie - 4

Illustration cours magistral Charles Melman - EPhEPAlors pour commencer cette année, que je vous souhaite bonne, nous allons démarrer par une devinette. Devinette qui d’ailleurs a peut-être déjà été abordée ou traitée de diverses façons. A votre idée, qu’est-ce qui fait qu’une communauté peut tenir ensemble ? Parce que c’est un mystère ! Alors à votre idée ? S’il vous plaît, quelle est votre idée ? Dites le très fort, criez ! Vous voulez un micro ?
Intervenant – La présence d’un bouc émissaire
Charles Melman – La présence d’un bouc émissaire ! C’est une conception un peu tragique, mais…
Intervenant – Réaliste !
Ch. Melman – Réaliste ! D’accord ! Bon je ne voudrais pas vous contredire
Intervenantes – Les valeurs
Ch. Melman – Les valeurs ! Il faudrait évidemment vous demander dans quelle institution vous les situez, mais on ne le fera pas.

Charles Melman : Théories se rapportant à la psychothérapie - 4

Charles Melman : La paranoïa féminine

La question de la paranoïa féminine que m'a proposé de vous traiter Martine Gros m'a obligé à me demander si sur cette question j'aurais des choses un peu amusantes ou nouvelles à vous raconter. J'ai donc dû faire ce qu'on l'on appelle une réflexion et ma réponse est oui, grâce à Martine Gros, à sa question.
Une première remarque pour rappeler ce qu'il en est de la paranoïa d'abord, avant de spécifier. Il m'est arrivé, je l'ai déjà raconté, parce que ça fait partie de la psychiatrie amusante, de discuter publiquement avec Henri Ey de sa thèse selon laquelle la folie, c'est la maladie de la raison. Henri Ey était un homme très fin, intelligent, connaissant admirablement la psychiatrie, mais je dois dire qu'une telle assertion ce n'est vraiment pas fort. Ce n'est vraiment pas fort d'abord parce que la raison vous seriez en peine de la définir. Ça ne se définit pas comme ça.

Charles Melman : La paranoïa féminine

Charles Melman : La paranoïa féminine

La question de la paranoïa féminine que m'a proposé de vous traiter Martine Gros m'a obligé à me demander si sur cette question j'aurais des choses un peu amusantes ou nouvelles à vous raconter. J'ai donc dû faire ce qu'on l'on appelle une réflexion et ma réponse est oui, grâce à Martine Gros, à sa question.
Une première remarque pour rappeler ce qu'il en est de la paranoïa d'abord, avant de spécifier. Il m'est arrivé, je l'ai déjà raconté, parce que ça fait partie de la psychiatrie amusante, de discuter publiquement avec Henri Ey de sa thèse selon laquelle la folie, c'est la maladie de la raison. Henri Ey était un homme très fin, intelligent, connaissant admirablement la psychiatrie, mais je dois dire qu'une telle assertion ce n'est vraiment pas fort. Ce n'est vraiment pas fort d'abord parce que la raison vous seriez en peine de la définir. Ça ne se définit pas comme ça. Et puis ensuite parce que la psychose c'est le triomphe de la raison. C'est irréfutable. Vous ne pouvez pas réfuter quoi que ce soit chez quelqu'un qui est pris dans la psychose et qui est donc du même coup dans la certitude, par elle-même pathologique, de ce qu'il est amené à formuler. Et pas seulement de ce qui se formule à lui et dont il a évidemment une expérience immédiate, qui ne prête à aucune mise en doute, à aucune discussion, mais enfin sa façon même d'enchaîner ce qu’il en est de l'ordre causal est irréfutable. Le psychotique connaît la cause.

Charles Melman : La paranoïa féminine

Charles Melman : Théories se rapportant à la psychopathologie - 2

vignette cours magistral Ch MelmanNous allons essayer de nous réchauffer avec un sujet parfaitement excitant. On va voir si, effectivement, il vous met de bonne humeur.
Il s’agit donc aujourd’hui de conclure la mise en place des instances déterminantes de la psychose. Et je commencerai par vous rappeler ceci qu’on a déjà dû vous seriner, c’est que nous avons la spécificité dans l’espèce animale de naître sans aucun savoir inné. Vous avez tous eu le bonheur d’observer la naissance d’un bébé poulain. Je vois dans votre regard que oui : vous avez tous assisté à cette naissance. Et en tout cas, vous avez pu vérifier qu’une fois dehors, il se mettait joyeusement sur ses pattes, fragiles, trouvait très vite le pis de sa maman et puis se mettait à gambader. Voilà, il avait tout ce qui faut pour fonctionner. Ce qu’il ne manque pas d’ailleurs de faire.

Charles Melman : Théories se rapportant à la psychopathologie - 2

Charles Melman : Théories se rapportant à la psychopathologie - 1

Alors, comme vous le savez, vous avez beaucoup de chance puisque nous allons ensemble entrer dans la mise en place de la psychiatrie, qui s’avère non seulement souhaitée par tous ceux qui fréquentent les hôpitaux psychiatriques et qui connaissent son état actuel, mais également par tous ceux qui, formés à l’enseignement de Lacan, prennent la mesure de ce qu’il y a à faire pour que cette psychiatrie existe. Et comme vous le verrez, elle a des conséquences, ne serait-ce d’ailleurs que la première qui est le plaisir que l’on peut prendre à la mettre en place.

Charles Melman : Théories se rapportant à la psychopathologie - 1

Charles Melman : Remarques sur les conséquences psychiques des nouveaux moyens de communication

Bonsoir. Alors nous avons donc la possibilité de parler ensemble. C’est lié, cette possibilité, à une circonstance qui ne semble pas du tout précisée, appréciée et nommée comme telle, qui n’est même pas ladite possibilité enseignée, et qui tient au fait que nous partageons dans l’usage de la parole le respect d’une même limite entre ce qui peut se dire et sur ce qu’il y a à taire. Nous partageons donc tous ici le bénéfice – si cela en est un – de cette dimension qui fait que nous pouvons essayer, je ne vais pas dire du tout de nous entendre, mais en tout cas de le tenter.

Charles Melman : Remarques sur les conséquences psychiques des nouveaux moyens de communication

Charles Melman : Scène transférentielle du traumatisme

Du traumatisme nous avons l'algorithme : $.
C'est la barre qui l'inscrit, faisant du sujet un sujet barré, parlé donc maintenant par le sexe.
Le sexuel noue ainsi le sacré – la barre signe la visite du dieu – à la vérité, la faille qu'elle ouvre dans l'Autre et où palpite le désir.
Cette barre peut être identifiée et nommée : phallus.

Charles Melman : Scène transférentielle du traumatisme

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