Édito Charle Melman : La mode en pathologie

   Nos élèves ont la chance de voir sous leurs yeux les mutations que peut connaître la psychopathologie.

   C’est ainsi que hier la symptomatologie s’organisait à partir des manquements à la loi paternelle, à ses idéaux, sa morale, la promotion qu’elle faisait de la sexualité y compris dans ses expressions perverses, puisque l’infraction est encore une façon de la célébrer. Mais l’essentiel tenait à sa façon d’instituer une catégorie originale, l’altérité, ajoutée donc à celle de la mêmeté et de l’étranger tout en ayant le privilège d’être figure propre à supporter le désir.

   Avec une rapidité déconcertante on a vu cette dernière effacée au profit d’un système binaire, marqué donc par l’opposition du même contre l’étranger, une interprétation persécutrice de la loi paternelle et du même coup de l’hétérosexualité dénoncée pour ses excès, sa violence, ses intrusions, etc.

   Un nouveau monde ainsi se dessine marqué par une fécondité médicalisée et accessible à tous, la prévalence de l’amour sur le désir, la naissance d’un troisième genre, le neutre, comme la nouvelle poupée Barbie mise sur la marché.

   On aurait pu espérer de la levée du paternalisme une liberté nouvelle de la pensée et des rapports. Le paradoxe est qu’on assiste à une promotion de l’homosexualité soutenue par l’exclusion des déviants. Une campagne est ainsi en cours dont le fond est la récusation d’un sexe dont la jouissance même est devenue ringarde, à la papa. N’est-ce pas une évolution passionnante à suivre ?

Ch. Melman