Édito de Charles Melman : Une question de morale

Il est cliniquement observable qu'il existe une morale naturelle. Les enfants en témoignent avec le regard qu'ils portent sur leurs parents, d'autant plus vifs que ceux-ci y dérogent.

L'adolescence est le temps de sa plus grande rigueur, période d'idéalisation voire de mystique, de refus d'un monde corrompu.

Il est notable que l'affaire se gâte dès que la participation à la sexualité devient moins défensive.

Et il est étrange de constater que celle-ci sera vécue comme une transgression, et non plus morale comme la précédente, et le désir vécu comme source d'un embarras dont il est commun de ne pas sortir : pas de solution qui convienne.

Freud, effrayé par les aspects qu'il prenait dans l'inconscient s'il était refoulé, recommandait sa réalisation. Lacan y consacra une année de séminaire,  L'éthique de la psychanalyse, dont la conclusion «  ne cède pas sur ton désir » continue de faire frémir des disciples séminaristes.

Heureusement que notre progrès culturel nous a affranchi de ces antiquités, et que le rasoir qui en est devenu le symbole, exhibe en punissant publiquement les outranciers, l'instrument coupable de ce que nous ne soyons pas homogènes et égaux. C'est même le « droit » de propriété qui se trouve mis en cause.

L'école est forcément intéressée par l'universalité et l'égalité qu'induit le progrès scientifique. Avec, entre autres, cette question : est-ce son évidence qui sera notre texte de référence et sinon lequel ?

Bon courage.

Charles Melman