Introduction au travail de l'année

La question du diagnostic en psychopathologie

 

par Claude Landman, doyen de l'EPhEP

 

Chaque patient, lorsqu’il vient nous consulter, nécessite d’être accueilli et entendu dans sa singularité. Freud est on ne peut plus clair sur ce point puisqu’il va jusqu’à conseiller que chaque nouveau cas soit non seulement pris en compte comme si nous ignorions tout de la théorie, mais également comme s’il était susceptible de remettre en question l’ensemble de l’édifice théorique de la psychanalyse.

Cette position éthique de principe ne l’empêchera pas de différencier les symptômes individuels qui renvoient à chaque sujet singulièrement dans le cadre du dialogue qui s’instaure avec lui dans la cure, et les symptômes typiques par rapport auxquels nous nous référons pour porter le diagnostic, dans la mesure où ils se retrouvent quasiment à l’identique dans chaque structure clinique. Il existe ainsi une tension à laquelle ni Freud ni Lacan ne se sont soustraits entre ce qui relève de la dimension du cas individuel, du singulier et ce qui relève de la dimension du type, du particulier.

Où en sommes-nous aujourd’hui sur la question du diagnostic en psychopathologie ? C’est ce que nous essaierons d’évaluer cette année.

Cela dans un contexte où, d’une part, les classifications internationales récentes, essentiellement des- criptives et à vocation quantificatrice, ont récusé, au nom d’une position soi-disant a-théorique, tout diagnostic de structure, et où, d’autre part, certaines mutations dans le discours, c’est-à-dire dans le lien social, ont produit, à côté de l’ancienne, une nouvelle économie psychique et une clinique nou- velle qui s’en déduit.

Une psychopathologie en référence à la topologie lacanienne permettrait-elle aujourd’hui de nous orienter au mieux sur la question posée ?