Textes de référence

Séminaire de Jean-Jacques Tyszler : Les névroses postfreudiennes

Je ne peux pas faire que des remerciements mais je suis sensible au fait, comme vous le savez, qu’il y ait des responsables d’Unité en Psychiatrie parce que un des drames de la psychanalyse aujourd’hui est qu’elle perd peu à peu le fil de son lien de substance avec la médecine et la psychiatrie. Si cette difficulté s’accélère, il est probable que la psychanalyse à l’état pur, toute seule, ne résistera pas à l’air du temps. C’est vrai que j’ai toujours tenu à ce que l’on puisse dans les lieux institutionnels poursuivre les mêmes travaux, c’est-à-dire ne pas faire des travaux que nous faisons dans nos locaux internes trop hermétiques de telle manière que ces mêmes travaux puissent se débattre et se poursuivre dans les lieux de Santé tout simplement. Cela me paraît un enjeu et donc je suis sensible à la présence de mes collègues qui ont des responsabilités institutionnelles parce que ça garantit pour moi que ce lien puisse encore continuer. Mais le monde a changé, même la présentation que nous tenons avec Pierre-Henri Castel à Ville-Evrard, l’ambiance n’est pas la même, nous continuons dans une ambiance où la bienveillance à l’égard de ce genre de travail n’est plus la même.

Séminaire de Jean-Jacques Tyszler : Les névroses postfreudiennes

Pierre-Christophe Cathelineau - L’identité pour Aristote : entre l’Autre et l’Empire.

Je voudrais ici parcourir avec vous le livre III de la Politique d’Aristote pour vous montrer qu’il y est bien question d’identité, mais selon une approche à la fois novatrice et originale, puisqu’à aucun moment dans ce livre cette identité ne repose sur une assise ethnico-culturelle. De quelle assise s’agit-il ? C’est ce que nous allons voir pour nous apercevoir que c’est d’altérité qu’il s’agit dans l’approche aristotélicienne. Mais cela ne nous dispense pas de réfléchir à un autre aspect de la Politique d’Aristote et de son influence réelle ou supposée sur Alexandre, élève d’Aristote avant d’être empereur. Si nous sommes obligés de soulever ce problème, c’est que Lacan voit dans la logique aristotélicienne et son application politique les prémisses de prétentions impériales, si l’on en croit ce qu’il dit dans L’étourdit, c’est-à-dire de prétentions à réaliser une unité politique qui fasse univers, universalité et unité totale, bien au-delà des confins géographiques historiques de la Grèce, prétentions identitaires entendus au sens moderne. Peut-on dire que ces deux points de vue contradictoires coexistent chez Aristote ? C’est ma question.

Pierre-Christophe Cathelineau - L’identité pour Aristote : entre l’Autre et l’Empire.

R. Chemama : Perversions

C'est nécessairement un corps de théories essentiel que j'essaye de mettre en place. Néanmoins, j'essayerai d'introduire des considérations qui me viennent depuis peu et qui renouvellent cette question. La question dont je pars, est celle-ci :
De quelle façon une approche psychanalytique peut-elle remettre en question nos a priori sur la perversion ?
Les perversions sont un domaine sur lequel nous avons beaucoup d'a priori. C'est sans doute difficile d'être sans préjugé alors que ce serait nécessaire aujourd'hui, si nous ne voulons pas que notre approche de psychanalystes, de psychothérapeutes, de psychologues, que sais-je, ne fasse que suivre le discours courant.
Aujourd'hui, où la volonté est légitime de protéger chacun et en particulier les enfants, cela nous conduit à dénoncer les pervers plutôt qu'à tenter de comprendre leur structure. Je fais allusion à la pédophilie, c'est sans doute à elle qu'on pense le plus aujourd'hui quand on parle de perversion. Alors, en ce qui concerne la pédophilie, il y a des choses à dire d’emblée : le fait qu'il y a des pédophiles qui tuent leur victime conduit trop souvent à associer un pédophile à un assassin en puissance. Ce qui veut dire que nous oublions au passage que nombre de criminels qui accompagnent leur crime de violences sexuelles, ne sont pas en réalité, au sens de la structure, au sens où je vais vous en parler ce soir, des pervers mais des psychotiques.

R. Chemama : Perversions

V. Nusinovici : Névrose hystérique, névrose obsessionnelle

Je dois vous parler de la névrose hystérique et de la névrose obsessionnelle. Le terme de « névrose » tel que nous l’employons est un diminutif pour désigner ce que Freud a d’abord nommé « névrose de défense » et puis « névrose de transfert ». C’est le cas de l’hystérie et de la névrose obsessionnelle, il y a aussi des névroses dites « actuelles » qui ne sont pas des névroses de transfert.

Donc, névrose hystérique, névrose obsessionnelle, c’est de la clinique freudienne, de la psychopathologie analytique, la preuve c’est qu’une classification psychiatrique comme le DSM qui règne dans le domaine de la psychiatrie, et qui se veut a-théorique, a éliminé le terme de névrose pour se centrer sur des symptômes ou des syndromes.

V. Nusinovici : Névrose hystérique, névrose obsessionnelle

J-P. Rozenczveig : Rendre justice à l'enfant sous l'emprise d'une société d'adultes et de ses lois*

Je vais compléter cette présentation. Il faut donner une grille de lecture, tous les discours doivent être décryptés en fonction des personnes qui parlent, des personnes qui écoutent, du contexte.
Je suis « honoraire » au sens où j’ai été obligé de faire valoir mes droits à la retraite. Je trouve scandaleux qu’on oblige les gens à faire valoir leurs droits. On doit leur reconnaitre des droits et on doit leur laisser la liberté d’exercer leurs droits. Leur demander d’exercer leurs droits c’est les mettre à la porte. Je suis profondément choqué, je trouve cela aberrant la manière dont l’Etat gère ses missions de service public avec 500 postes de magistrats vacants, avec un délai de 8 mois à 1 an pour obtenir une décision de justice dans certains lieux. Laisser partir des magistrats qui veulent rester en fonction, c’est une aberration. On devrait leur proposer des contrats. Il n’y a pas un chef d’entreprise qui, voyant le chef du personnel laisser partir ses meilleures troupes, ne le licencierait pas lui. Je me pose la question si je ne vais pas créer un tribunal parallèle. En devenant avocat, afin de ne pas encourir des procédures disciplinaires en venant du conseil juridique sans être avocat, le faire avec une amie ou un ami, éducatrice, psychiatre, psychologue. C’est-à-dire créer une dynamique de gestion des situations familiales, sans avoir besoin de recourir à la justice officielle.

J-P. Rozenczveig : Rendre justice à l'enfant sous l'emprise d'une société d'adultes et de ses lois*

Dominique Texier : Adolescence et virtuel numérique

Dans le cadre du séminaire sur la clinique des Jouissances contemporaines, tenu à l’Association Lacanienne Internationale durant l’année 2014-2015, nous avons reçu le Docteur Dominique Texier, pédopsychiatre, psychanalyste, médecin Directeur de CMPP, pour parler de la relation des adolescents au virtuel et au numérique. Ses propositions et son regard sur l’adolescence connectée nous ont semblé particulièrement intéressantes, et nous avons souhaité les publier.

Dominique Texier : Adolescence et virtuel numérique

Le fondamentalisme dans les religions du monde (extraits de la revue Concilium)

Concilium est une revue internationale de théologie catholique créée en 1965 à la suite de Vatican II et qui paraît cinq fois par an.
Elle se situe dans la ligne de la Nouvelle Théologie créée par Yves Congar, Karl Rahner et Edward Schillbeeckx, Hans Kung et Marie-Dominique Chenu, tous conseillers en théologie lors de Vatican II.
La revue considérée comme réformatrice est actuellement dirigée par Felix Wilfred Théologien jésuite professeur à l'école de philosophie et de pensée religieuse à l'Université de Madras en Inde.
Nous publions ici des extraits du numéro 241 de 1992 intitulée «Le fondamentalisme dans les religions du monde». La revue est dirigée par Hans Kung et Jürgen Moltmann.

Le fondamentalisme dans les religions du monde (extraits de la revue Concilium)

M.Czermak, Ch.Melman et M.Darmon : Les paroles imposées

Nous proposons à l'écoute une des conférences du séminaire sur les paroles imposées qui poursuivent le commentaire du texte de Marcel Czermak Patronymies et qui trouve une résonnance particulière dans l'actualité.

M.Czermak, Ch.Melman et M.Darmon : Les paroles imposées

« Freud et la rencontre de la pulsion de mort »

Autour de Jean-Jacques Tyszler et de son ouvrage : « A la rencontre de... Sigmund Freud », Éditions Oxus, Mai 2013
Jean-Marie Fossey : (…) Nous avions travaillé l'an passé cette question-là (la question de la pulsion de mort), mais nous la poursuivons avec un temps fort ce soir puisque nous accueillons J.J. Tyszler que Dominique Delage a invité. Juste un petit remerciement à la Fondation Bon Sauveur et en particulier à notre directeur qui accepte que le séminaire se tienne là, qui nous aide aussi à organiser ce séminaire. Un remerciement également à B. Mercier. Pour les personnes qui ont reçu l'affiche, il a accepté de nous confier une de ses photos pour faire l'affiche de cette année. Donc B. Mercier est un photographe qui a écrit plusieurs bouquins et notamment il a fait un livre sur tous les vestiges de la dernière guerre, 39-45, donc c'est un extrait de son ouvrage qui s'appelle Blind Memory. Il a fait pas mal de photographies dans la région et c'est une de ses photographies qui a été utilisée pour faire l'affiche.

« Freud et la rencontre de la pulsion de mort »

C Lacôte-Destribats : En quoi l'art peut-il éclairer la psychopathologie ?

Quand Freud lui-même s'aventure sur Léonard de Vinci, sur Michel-Ange, sur Jensen à propos de La Gradiva, ce n'est pas pour percer un secret, une énigme etc., mais si vous lisez bien et si vous vous aidez de la correspondance de Freud avec ses élèves, vous vous apercevez que c'est pour continuer sa recherche clinique et théorique. C'est-à-dire par exemple, pour Léonard de Vinci, en ce qui concerne Léonard de Vinci, eh bien la question freudienne, ce n'est pas tant la psychologie éventuelle de Léonard de Vinci sur laquelle on a peu de documents. Mais Freud le dit lui-même. C’est pour poser la question : qu'est-ce que c'est que la sublimation ? Et cette question est extrêmement ciblée. C'est-à-dire : c'est une réponse exacte à Jung qui contestait l'idée que la libido ne pouvait être que une et sexuelle. Vous savez que Jung parlait de libidines – au pluriel. Et donc la position de la notion de sublimation, à propos de Léonard de Vinci, était exactement une réponse à Jung.

C Lacôte-Destribats : En quoi l'art peut-il éclairer la psychopathologie ?

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