Textes de référence

Stéphane Thibierge au sujet des « Discours de Tokyo » de Jacques Lacan

Nous publions ici d'assez larges extraits de deux conférences de Lacan données à Tokyo en avril 1971. L'une appelée « Le discours de Tokyo », prononcée le 21 avril à l'occasion d'une rencontre organisée par le professeur Takatsugu Sasaki chez l'éditeur Kobundo, qui a publié l'édition japonaise des Ecrits.

L'autre, du 22 avril, est désignée sous le titre « Entretien à l'université de Tokyo ».

Stéphane Thibierge au sujet des « Discours de Tokyo » de Jacques Lacan

Bernard Vandermersch : Particularités du transfert dans les psychoses

Je suis amené à vous parler de choses assez simples mais difficiles à justifier notamment comment s'y prendre avec les psychotiques. Je crois que j'avais donné un sous-titre ''Particularités du transfert psychotique'', ce qui justifie le problème des méthodes en provenance de la psychanalyse quand elle s'adresse à des psychotiques.
Quelques remarques introductives : Aujourd'hui la classification internationale ne reconnaît pas l'adjectif « psychotique » sauf, appliqué à une catégorie de symptômes. Le terme de « psychose », lui, a été abandonné de même que le mot « psychotique » donc pris comme substantif : ''un psychotique''.

Bernard Vandermersch : Particularités du transfert dans les psychoses

Marc Darmon : Le président Schreber

Ce soir, nous allons continuer notre exploration des Cinq psychanalyses de Freud, en nous intéressant au cas du Président Schreber. Alors ce n’est pas véritablement une analyse, puisque c’est un ouvrage essentiellement que Freud a examiné, en prenant en compte de façon tout à fait remarquable et passionnante – il y a beaucoup de plaisir à se replonger dans ces écrits fondamentaux – on va parler de langue fondamentale – et des écrits essentiels qui sont inépuisables. Nous allons essayer de retrouver quelles sont les lignes de force topologiques dans ce cas.
Alors je vous propose ce soir de relire le cas de Freud, le texte de Freud d’abord, et on prendra notre temps pour examiner les mémoires du Président Schreber. Et vous savez que le séminaire de Lacan étudié l’année prochaine, ce sera justement le séminaire sur les psychoses, sur les structures freudiennes des psychoses. Donc nous aurons toute l’année pour approfondir cette étude. Le séminaire d’hiver sera consacré plus spécialement au Président Schreber. Donc Charles Melman l’a intitulé : Visite chez le Président Schreber après nos derniers travaux. Donc, nous sommes conviés à présenter nos derniers travaux sur le Président Schreber.

Marc Darmon : Le président Schreber

Jean-Jacques TYszler : Les névroses post freudiennes

JJ. Tyszler : Marc Darmon dont je dirais le meilleur des nôtres, si la formule n’avait pas été gâchée récemment pour autre chose. En tout cas, à coup sûr le meilleur des nôtres dans ce que les mathématiciens appellent l’espace lacanien. Vous savez qu’en mathématiques l’espace lacanien existe, donc la référence par les mathématiciens aux découvertes de Lacan. Et il est vrai, Marc, qu’en ce domaine, je ne vois pas trop sans toi comment on pourrait avancer.
J’ai malheureusement pas mal de choses à vous dire, c’est lié à l’état un peu particulier dans lequel je me trouve qui vient à la fois d’annonces de choses dures en psychiatrie. Hier j’étais à une présentation de patient, comme on dit, à Ville-Evrard et le cas présenté était, selon le début d’Antigone, effrayant, et deux fois effrayant, il m’a fallu un temps technique avant d’arriver sur l’Unité d’enfants pour me reprendre. C’est difficile d’arriver ensuite dans une Unité d’enfants joyeuse malgré les soucis. Dominique de Cherbourg, à propos d’effroyable, vient m’annoncer des choses qu’il a racontées à Saint-Anne qui se sont à nouveau répétées jusqu’au fatal. Et donc, on est dans un univers qui est dur.

Jean-Jacques TYszler : Les névroses post freudiennes

Bernard Vandermersch : névroses, psychoses et perversions

Nous allons commencer ce cours « Névroses, psychoses et perversions » par un premier entretien sur les structures cliniques. L’idée est d’affirmer que la variété des structures cliniques dépend des potentialités de la structure du langage. Ce qui ne veut pas dire qu’elles ne sont que des troubles du langage. Ce sera donc un exposé un peu dogmatique, c’est-à-dire qui prétend donner quelques éléments qui ne peuvent pas être rigoureusement démontrés, mais qui nous permettent de nous orienter dans ce qu’on appelle la pathologie mentale.

Bernard Vandermersch : névroses, psychoses et perversions

Nazir Hamad : Dans quelle mesure l'adoption fait-elle filiation ?

Voilà, bonjour ! J’appelle mon intervention de ce matin, je lui donne le titre : Le Chapitre Blanc de L’Histoire du Sujet. Je tiens d’abord à remercier tous ceux qui ont collaboré avec moi à la préparation de ces journées ainsi que ceux qui ont accepté de venir nous parler tout au long de ces journées ; quelques uns ne sont pas analystes bien que parfois ils soient lacaniens à leur insu, d’autres sont analystes mais pas lacaniens, ce n’était pas évident pour eux de venir ainsi parler, parler ici. Mais s’ils le font c’est parce qu’ils étaient tellement, comme nous tous, étonnés de la folie qui s’était emparée de ce pays au moment où la Loi du Mariage pour Tous était à l’étude. Si le pays s’était ainsi trouvé pris dans un état de crise c’est parce que quelque chose de grave menace la structure même de notre culture et dont la famille classique représente la figure de proue.

Nazir Hamad : Dans quelle mesure l'adoption fait-elle filiation ?

Séminaire de Jean-Jacques Tyszler : Les névroses postfreudiennes

Je ne peux pas faire que des remerciements mais je suis sensible au fait, comme vous le savez, qu’il y ait des responsables d’Unité en Psychiatrie parce que un des drames de la psychanalyse aujourd’hui est qu’elle perd peu à peu le fil de son lien de substance avec la médecine et la psychiatrie. Si cette difficulté s’accélère, il est probable que la psychanalyse à l’état pur, toute seule, ne résistera pas à l’air du temps. C’est vrai que j’ai toujours tenu à ce que l’on puisse dans les lieux institutionnels poursuivre les mêmes travaux, c’est-à-dire ne pas faire des travaux que nous faisons dans nos locaux internes trop hermétiques de telle manière que ces mêmes travaux puissent se débattre et se poursuivre dans les lieux de Santé tout simplement. Cela me paraît un enjeu et donc je suis sensible à la présence de mes collègues qui ont des responsabilités institutionnelles parce que ça garantit pour moi que ce lien puisse encore continuer. Mais le monde a changé, même la présentation que nous tenons avec Pierre-Henri Castel à Ville-Evrard, l’ambiance n’est pas la même, nous continuons dans une ambiance où la bienveillance à l’égard de ce genre de travail n’est plus la même.

Séminaire de Jean-Jacques Tyszler : Les névroses postfreudiennes

Pierre-Christophe Cathelineau - L’identité pour Aristote : entre l’Autre et l’Empire.

Je voudrais ici parcourir avec vous le livre III de la Politique d’Aristote pour vous montrer qu’il y est bien question d’identité, mais selon une approche à la fois novatrice et originale, puisqu’à aucun moment dans ce livre cette identité ne repose sur une assise ethnico-culturelle. De quelle assise s’agit-il ? C’est ce que nous allons voir pour nous apercevoir que c’est d’altérité qu’il s’agit dans l’approche aristotélicienne. Mais cela ne nous dispense pas de réfléchir à un autre aspect de la Politique d’Aristote et de son influence réelle ou supposée sur Alexandre, élève d’Aristote avant d’être empereur. Si nous sommes obligés de soulever ce problème, c’est que Lacan voit dans la logique aristotélicienne et son application politique les prémisses de prétentions impériales, si l’on en croit ce qu’il dit dans L’étourdit, c’est-à-dire de prétentions à réaliser une unité politique qui fasse univers, universalité et unité totale, bien au-delà des confins géographiques historiques de la Grèce, prétentions identitaires entendus au sens moderne. Peut-on dire que ces deux points de vue contradictoires coexistent chez Aristote ? C’est ma question.

Pierre-Christophe Cathelineau - L’identité pour Aristote : entre l’Autre et l’Empire.

R. Chemama : Perversions

C'est nécessairement un corps de théories essentiel que j'essaye de mettre en place. Néanmoins, j'essayerai d'introduire des considérations qui me viennent depuis peu et qui renouvellent cette question. La question dont je pars, est celle-ci :
De quelle façon une approche psychanalytique peut-elle remettre en question nos a priori sur la perversion ?
Les perversions sont un domaine sur lequel nous avons beaucoup d'a priori. C'est sans doute difficile d'être sans préjugé alors que ce serait nécessaire aujourd'hui, si nous ne voulons pas que notre approche de psychanalystes, de psychothérapeutes, de psychologues, que sais-je, ne fasse que suivre le discours courant.
Aujourd'hui, où la volonté est légitime de protéger chacun et en particulier les enfants, cela nous conduit à dénoncer les pervers plutôt qu'à tenter de comprendre leur structure. Je fais allusion à la pédophilie, c'est sans doute à elle qu'on pense le plus aujourd'hui quand on parle de perversion. Alors, en ce qui concerne la pédophilie, il y a des choses à dire d’emblée : le fait qu'il y a des pédophiles qui tuent leur victime conduit trop souvent à associer un pédophile à un assassin en puissance. Ce qui veut dire que nous oublions au passage que nombre de criminels qui accompagnent leur crime de violences sexuelles, ne sont pas en réalité, au sens de la structure, au sens où je vais vous en parler ce soir, des pervers mais des psychotiques.

R. Chemama : Perversions

V. Nusinovici : Névrose hystérique, névrose obsessionnelle

Je dois vous parler de la névrose hystérique et de la névrose obsessionnelle. Le terme de « névrose » tel que nous l’employons est un diminutif pour désigner ce que Freud a d’abord nommé « névrose de défense » et puis « névrose de transfert ». C’est le cas de l’hystérie et de la névrose obsessionnelle, il y a aussi des névroses dites « actuelles » qui ne sont pas des névroses de transfert.

Donc, névrose hystérique, névrose obsessionnelle, c’est de la clinique freudienne, de la psychopathologie analytique, la preuve c’est qu’une classification psychiatrique comme le DSM qui règne dans le domaine de la psychiatrie, et qui se veut a-théorique, a éliminé le terme de névrose pour se centrer sur des symptômes ou des syndromes.

V. Nusinovici : Névrose hystérique, névrose obsessionnelle

Pages