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Auteur(s)
LANDMAN Claude
Lieu
Facultés Loyola Paris, 35bis rue de Sèvre 75006 Paris
et en distanciel sur inscription
Quand
Jeudi 17 septembre 2026 21h00
à 22h30

Ouvert au public et en distanciel

Facultés Loyola Paris
35 bis rue de Sèvres 75006 Paris

Inscriptions Zoom jusqu’au 15.09.26

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Raisons des passions tristes : mélancolie, dépressions

 

    La découverte fortuite et empirique des antidépresseurs, leur efficacité sur les neurotransmetteurs ont suscité le fantasme d’une approche strictement scientifique de la mélancolie et de la dépression qui se passerait du rapport du sujet au langage dans l’appréhension de ces syndromes. L’espoir d’une psychiatrie scientifique a depuis été déçu, faute de preuves, et force est de reconnaître qu’il n’existe qu’une psychiatrie pharmacologique qui dicte de fait l’orientation des nouvelles classifications internationales depuis le tournant du DSM III (1980), au détriment du repérage clinique qu’a inauguré Esquirol en 1838.
    Esquirol avait désigné comme passion triste et dépressive certains traits de cette forme de folie appelée mélancolie ; pour la dégager de la théorie antique des humeurs en la distinguant du tempérament mélancolique, il proposait le terme de monomanie, du fait de la préoccupation unique du patient à faire entendre son délire de culpabilité, de déchéance, ou celui de lypémanie, de lypé, tristesse.
    La mélancolie est alors appréhendée comme maladie de l’homme moral, dans le lien social et politique, nécessitant un traitement moral qui ferait entendre au patient la nécessité de renoncer à l’excès de la passion par un appel à la raison.
    Le terme de dépression renvoie, lui, par métaphore, à un abaissement, un affaiblissement des propriétés affectives, intellectuelles et physiques, dont la cause est la tristesse.
    Kræpelin, dans son Traité de psychiatrie (1883-1915), intègrera la mélancolie dans le cadre de la maladie cyclique qu’il nomme psychose maniaco-dépressive.
    En 1915, Freud a ouvert une voie nouvelle en considérant, dans Deuil et mélancolie, que les mécanismes de celle-ci pourraient être saisis à partir du phénomène normal d’identification à l’objet d’amour perdu, dans le travail du deuil.
    Les différentes avancées lacaniennes sur le nouage, source de jouissance, du langage avec le corps, nous autoriseront-elles l’emploi du terme de logopathies tristes pour désigner, en raison, ces affections que sont la mélancolie et la dépression ?
 

Notes