
La forte augmentation des tentatives de suicide, des gestes auto-infligés (comme les scarifications), de l’anorexie et des demandes de transition d’identité sexuelle des adolescents motive la question de ce numéro du Journal Français de Psychiatrie. Pourquoi cette part de la population, toujours exemplaire des mutations sociales, se voit-elle touchée de cette manière ? L’Autre à l’adolescence est ainsi celui de l’altérité par excellence. Il ne renvoie pas à un idéal phallique que l’enfant pourrait plus ou moins satisfaire par son image, mais à la fonction phallique symbolique, avec son corollaire : ce qui n’est « pas-tout phallique » justement, lieu par excellence du féminin et de l’altérité
Nous proposons que notre société néolibérale et positiviste entretienne l’idéalisation d’une instance maternelle, égalitariste et promettant une jouissance sans limite.
Comment rendre compte alors, durant « l’éveil du printemps », du réel du sexe en tant qu’impossible ? C’est là une autre façon de désigner la question du féminin.
Si les effets n’en sont plus pointés par une autorité paternelle récusée, ils sont laissés à la contingence d’une rencontre avec un dire qui pourrait nommer ce qui arrive. C’est ici que les psys, nous semble-t-il, sont aujourd’hui convoqués.