Claudine Lanzarotti ne cherche pas dans ce livre à savoir si le judaïsme de Freud a eu un rôle dans son invention de la psychanalyse, mais à montrer lequel : celui de l’avoir sensibilisé, très jeune, à l’équivocité du langage, ce qui le mettra plus tard sur la voie de l’inconscient caché dans les mots.
L’auteure commence par décrire l’éducation du jeune Freud au judaïsme talmudique, pour qui l’interprétation est centrale étant donné la structure de l’hébreu écrit : une suite de consonnes, sans voyelles. Elle décrit quelques méthodes d’interprétation de la Bible par les talmudistes, et les compare à celles utilisées par Freud pour interpréter les mots d’esprit, rêves, symptômes, et actes manqués. Leur similitude apparaît de façon frappante, et en les appliquant à la sentence « Œil pour œil, dent pour dent », l’auteure montre qu’elle est, depuis toujours, l’objet d’un contresens total. Après l’examen de la haine dans quelques passages bibliques, et de son traitement par les sages du Talmud, l’ouvrage se termine par une étude du signifiant hébreu dans la langue hébraïque.
On y découvre que ses multiples significations croisent celles du transfert tel que Freud l’a conçu, et renvoient aux fondements mêmes de la psychanalyse.
Un livre qui donne envie de dire : Pour moi, la psychanalyse c’est de l’hébreu !