Édito de Charle Melman : Us et virus

L'intelligence de la langue, latine à l'occasion, use donc de la racine « vir » pour désigner le suc de la plante et son pouvoir vénéneux : « virus ».

C'est ainsi de l'essence dont il est question, celle qui fait l'homme, vir, et aussi bien le tue, virus. Autre version du « pharmakon » dont parle Platon.

Il est vrai que le frottis-frotta permanent qui caractérise les échanges des représentants de notre espèce suppose leur animation par une instance dont l'effet d’exaltation rassure un narcissisme toujours inquiet et à valider. Que l'excès même de cette agitation ajoute à l'échange des biens celui des microbes peut montrer le triomphe de cette même instance, vir, dans son aspect létal cette fois. La pollution nous y avait préparé. Question subsidiaire : la menace mortelle que nous rencontrons est-elle liée à l'hypertrophie de l'instance incitatrice – nommée phallus par la théorie psychanalytique – ou bien, au contraire, à son élimination par le progrès scientifique ?

Refusant, pour être conforme à son style, le principe de non-contradiction, sans doute peut-on répondre : les deux.

Ce qui appelle d'autres commentaires.

Charles Melman
24/05/2020