Un petit changement

Une communauté se reconnaît aux mœurs qui s'imposent à elle et qui, d'origine divine ou laïque, font autorité sur ses membres, divisés alors entre obéissance et escapade.

Le fait nouveau et qui ne semble pas souligné comme tel, est qu'elles sont aujourd'hui l'objet de la part du peuple jusque là soumis, d'une révision permanente, au gré de sondages qui les accommodent au goût de tel ou tel groupe de pression. Serait-il marginal, il rencontre la faveur générale au nom du principe que la jouissance est un droit inaliénable et quelqu'en soit les modalités. On s'approche ainsi doucement du principe sadien selon lequel chacun a droit à la jouissance du corps de l'autre, fondateur de la règle de l'égalité et de l'indistinction des genres, dès lors qu'est levée l'assignation à une identité sexuelle.

Les partis politiques sont ainsi amenés à substituer au conflit entre classes sociales la revendication au droit d'expression des jouissances individuelles. Contre cette dislocation de la communauté ne subsiste alors que l'exploitation du sentiment d'appartenance nationale, égal pour les 2 sexes, et qui, pour le moment, ne coûte pas cher. Outre qu'il n'est pas certain qu'à l'épreuve des faits cette résurgence d'un ordre civique rétablisse un ordre moral. Or la singularité ne se constituant qu'en faisant défaut à un ordre, sa carence risque de ne rien arranger, sauf à promouvoir le retour, dernière sortie avant l'enfer,  d'un individu totalitaire.

 

Charles Melman
30/06/2019