Édito de Charles Melman : Direct

La politique sanitaire du gouvernement semble soucieuse de suivre aussi étroitement que possible le résultat des sondages de l’opinion publique. Ainsi s’agit-il moins de diriger que de se mettre au service et que peut-on reprocher à qui cherche à bien faire, le « bien » étant le facteur d’ajustement variable avec les informations qui peuvent chaque jour varier.

La démocratie directe est ainsi donc une revendication appliquée sans le dire et dont on avait déjà pu apprécier la mise en œuvre avec Trump. Il est évident que la pratique des réseaux sociaux permet cette communication de chaque instant avec un électorat que l’expression de ses réactions permet de reconnaître comme «  le peuple ». Communication directe donc qui met à l’écart « l’élite « , représentative ou intellectuelle, et dont à vrai dire les manifestations incohérentes et contradictoires au cours de la crise ne sont guère encourageantes.

Évidemment on ne fera pas le lien de cette « nouvelle «  philosophie avec l’expression non moins directe des sentiments et des options dans le débat public où elle prend cette forme violente, singulière ou en bande dont, de l’incivilité, font semblant de s’étonner les bonnes âmes.

Il est historiquement vérifié que l’organisation de la contestation individuelle en bandes à géométrie variable qui peuvent occuper jusqu’à un tiers de la surface aboutit à l’émergence du « général » qui rétablit la primauté d’un impératif collectif sur la volonté de chacun.

Est-ce l’iceberg qu’annonce l’horizon ?