EDITO DE CHARLES MELMAN : JTEKIF

On se donne un crâne d'oeuf et on demande : qu'est-ce que le populisme ?

La réponse est facile si on se fie à son expression : c'est sa rhétorique même. C'est une façon de parler – sans référence à aucun écrit, l'écriture, à part celle du tweet, le supportant mal – susceptible d'entraîner l'adhésion et de mettre en mouvement sans plus d'analyse : le rêve de tout politicien.

La possibilité de s'imposer en affirmant à l'auditoire qu'il est légitimé à satisfaire toutes ses exigences, narcissiques aussi bien qu'objectales, est un truc directement dérivé des finesses du marketing. Et l'affranchissement des contraintes grammaticales et logiques est l'exemple de la libération promise, celle d'une jouissance sans plus d'entraves.

Il est certain que la pratique des échanges sur internet, ce marché mondial des offres de jouissance parfait, a initié ce parler libre, contractuel et sans référence à aucune loi. Ce n'est pas la première fois que l'introduction d'un moyen de communication modifie cette communication même et donc les mœurs.

L'imprimerie avait consacré le pouvoir de l'écriture, popularisant celui des scribes. Internet favorise le bla-bla, et donc l'exhibition, du sentiment comme du corps.

En son temps, Socrate avait eu bien du mal à se faire distinguer des sophistes. S'il y a pourtant le risque d'une instauration à la clé ( et notre société dite libérale est très intolérante) mieux vaudrait y travailler.

 

Charles Melman
02/06/2019