Édito de Charle Melman : Qu’est-ce que c’est ?

L’excellent journaliste  – Hubert Coudurier, directeur du Télégramme – me demande ce que m’inspire la situation. Effectivement, lui réponds-je avec la finesse du confiné, elle nous permet de respirer, l’arrêt de l’activité ayant nettoyé le ciel de la pollution. Jamais, m’a confié un habitant de Montmartre, il n’a vu Paris aussi beau, aussi net.

Il est net aussi que le téléspectateur breton a dû trouver ma réponse indécente.

L’inspiration aujourd’hui expose au risque d’expirer et on ne rigole pas avec la mort.

Le problème pourtant est qu’elle est maintenant la seule autorité respectée, celle des politiques, des savants voire des religieux paraissant branlante pour s’en protéger. De sorte que la voilà transformée en la chose, unique, obsédante, permanente, dont on n’arrive pas à décoller et qui transforme le signifiant en signe, c’est-à-dire arrête la pensée sur  une instance persécutrice.

Dans les pugilats du débat quotidien avez-vous entendu une pensée ?

Si Hubert Coudurier m’en avait laissé le temps je lui aurais proposé le petit bout d’une parmi les possibles : le désir de vivre est-il compatible avec une société d’esclaves ?

Qu’est-ce qui peut les inspirer ?