Colloque du Centre IDRISS à Fès du 17 au 19 février 2017 "Les nouveaux territoires de l'identité : la fabrication du radicalisme"

Date actu: 
19/02/2017 - 09:30

 

 




Affiche colloque IDRISS Fès 2017Premier Colloque multidisciplinaire du Centre IDRISS


Les nouveaux territoires de l'identité : la fabrication du radicalisme. 

17-18-19 février à Fès

 

 

Organisation : André Azoulay, Faouzi Skali, Charles Melman, Nazir Hamad, Oussama  Cherif Idrissi El-Ganouni, Marie-Christine Laznik, Pierre-Christophe Cathelineau , Anne Videau, Isabelle Tokpanou, Anne Cathelineau

 

 

 

Une partie de la jeunesse est à présent tentée par le choix d’un idéal identitaire extrême aux conséquences violentes et destructrices, qu’il s’agisse de cette nouvelle aspiration au martyre au nom d’une certaine interprétation de l’islam ou de l’adhésion à un nationalisme ombrageux et autoritaire hostile à toute forme d’immigration. Dans tous les cas, l’exaltation de l’idéal religieux ou national aboutit à la haine et au rejet de l’autre, sinon à son élimination physique. Quelle est la cause de cet égarement ? S’il est vrai que le sujet ne trouve ordinairement de point d’appui pour se construire que dans un trait d’identité qui le virilise et le rattache à la tradition de ses pères, force est de constater que cette jeunesse ne semble pas avoir bénéficié de la grâce de cette transmission. S’agit-il par exemple pour nous de mieux nommer les blessures de la colonisation peu prises en compte par nos sociétés contemporaines, voire l’oubli des langues et des cultures d’origine ? S’agit-il de prendre acte d’une mondialisation économique qui laisse sur le carreau dans les banlieues, dans les campagnes, en Europe et au Moyen-Orient une partie de la jeunesse et ne lui offre d’autre alternative que le choix du fondamentalisme religieux ou du nationalisme, si la seule valeur d’échange réduisant chacun au pur statut d’objet marchand ne se prête pas à faire idéal ? Le choix de la radicalisation, populiste ou religieuse, est symptomatique du péril symbolique qui semble s’abattre sur nos sociétés d’Orient ou d’Occident et particulièrement sur sa jeunesse.

Charles Melman

 

Les religions n’ont pas l’apanage des dévoiements extrémistes. L’histoire du XXÈME siècle et son degré inouï de violence le prouvent amplement. Il y a cependant une actualité relative à l’Islam et l’expression de ses différents courants, dans leurs rapports avec le monde moderne, qu’il nous faut aujourd’hui comprendre et décrypter. Les musulmans ne peuvent plus désormais se défausser du problème du terrorisme djihadique en en renvoyant la responsabilité sur une politique occidentale largement , il est vrai , responsable du chaos moyen-oriental. Les occidentaux ne peuvent plus renvoyer du revers de la main ce problème aux seuls musulmans car celui-ci fait désormais partie d’une façon structurelle de leurs sociétés. Les politiques doivent accepter d’être à l’écoute de ceux qui veulent laisser la place à l’analyse et à l’intelligibilité de situations qui doivent être abordées dans leur complexité. Comprendre ce processus nécessite un niveau d’analyse et de clarification dont on ne peut exiger qu’il soit le fait des pratiquants musulmans ordinaires, même si ceux-ci vivent leur Islam comme une religion de tempérance et d’humanisme spirituel et qu’ils sont , comme d’autres , touchés et horrifiés par des attentats et des comportements qui restent pour eux tout autant incompréhensibles. Il est donc nécessaire d’entreprendre un vrai travail d’élaboration intellectuelle par lequel il faut engager un combat de déconstruction idéologique et une capacité d’analyse sociologique et historique, contre les expressions actuelles du djihadisme. La tentation est grande, à défaut de cette exigence d’intelligibilité, de distordre la réalité d’une coexistence pacifique en de nombreuses périodes historiques, en Orient et en Occident (même à des époques de grande adversité comme celle de l’Emir Abdelkader), à la lueur des tragédies les plus récentes. Il serait bien plus éclairant de relire un opus qui a été écrit, il y a plus d’un siècle et demi, par l’Emir qui était lui, outre d’être un spirituel, un vrai théologien et intitulé : «Lettre aux Français». Ce livre constitue, en ces temps d’amalgame et d’obscurantisme, un véritable traité de savoir-vivre inter-religieux. Ce premier Colloque de l’Institut IDRISS aspire à nous faire saisir les cheminements psychologiques, socio-politiques mais aussi théologiques par lesquels cette forme d’extrémisme et de dévoiement religieux ont été rendus possibles. Une approche pluridisciplinaire qui dégagerait alors des pistes d’action qui pourraient apporter, et c’est notre aspiration, des débuts de réponses et de solutions.

Faouzi Skali


Programme colloque Fès 2017

 

Informations pratiques : 

 - Tarifs : Individuel : 120 € • étudiants : 60 € • Résidents : 200 Dirhams

 - Inscriptions et renseignements :  anne.cathelineau@gmail.comIl est demandé aux participants de s’inscrire dès à présent.

 - Voyage et hébergement Par Chemins Concepts (tarifs préférentiels)  contact@parcheminsconcepts.com ou oussamaskali@gmail.com

 

http://idriss.center/colloque-de-fes