Melman Ch. Dr

Ch.Melman : Que puis-je savoir ? Analyse et théorie des méthodes de connaissance et d’apprentissage - 1.

Le point de capiton, ce qu’il vient coudre, c’est les bords d’un trou. Si le signe est le représentant de quelque chose, le signifiant en point de capiton, lui, il est, c’est ce qui vient, en quelque sorte, dans la langue nouer le bord d’un trou.(…)
J’ai évoqué donc, pour nous, tout à l’heure, le fait que le champ de la réalité était celui qui s’offrait justement à la saisie par les sens et en tant que ces sens, du fait de n’avoir affaire qu’à des signifiants, ne peuvent être que régulièrement déçus par le matériel de la saisie. Le matériel qui se trouvera saisi, à l’occasion justement de cette opération de prix, viendra régulièrement décevoir ce qu’il en était de l’intention puisque ça n’est jamais que le signifiant qui fait le prix, je dirais, de l’objet ainsi saisi et qui en même temps viendra illustrer le fait que ce n’est pas l’objet qui, par le désir, était visé. Et j’ai déjà eu l’occasion de dire combien ce qui venait vérifier que l’on était bien dans la réalité et non pas dans le champ du virtuel, c’était, justement, la déception.

Charles Melman : Théories se rapportant à la psychopathologie - 7

Vous aurez sûrement le loisir, à un moment ou à un autre de votre parcours, d’apprécier de quelle façon le refus, le maintien à l’écart des savoirs ou du savoir que peut apporter la psychanalyse, et aussi bien sur les phénomènes sociaux que Freud ne s’est pas épargné d’aborder au niveau de la psychologie des masses, et à un moment, en 1925, où cette psychologie des masses commençait à montrer son visage, c’est-à-dire à être menaçante, menaçante dans la quête d’une identité collective assurée, affirmée ; et cela bien sûr dans le refus du milieu culturel de prendre en compte les données pourtant simples, et après tout pourquoi pas, on a le droit de rêver, qui auraient peut-être empêché un certain nombre de conséquences, dont il est frappant de voir de quelle manière leurs résurgences se préparent ; et cela toujours dans le refus du milieu culturel de ceux qui donnent le la en matière de pensées et du droit de penser, et de quelle façon cela risque de nouveau de se payer cher. C’est comme ça ! C’est comme ça, mais ça ne doit pas nous empêcher de méditer justement sur le prix de ce que nous enseignons qui parfois à l’air banal, parfois difficile, mais qui en tout cas concerne des conséquences essentielles.

Charles Melman : Le nomadisme est-il l’avenir ?

Je vais m’autoriser à avancer cet après-midi, à risquer des thèmes qui fâchent. Qui sait ? Si ça peut, après tout, intéresser ou nous servir, il faut bien en prendre le risque. On ne peut pas être toujours satisfait, et le domicile, c’est sûrement un sujet qui fâche.
La preuve, c’est que nous faisons beaucoup d’efforts les uns et les autres pour en avoir un, et puis une fois qu’on l’a, il n’est pas rare que l’on rêve de se tirer ailleurs...quand on ne le fait pas ! Et si on se tire ailleurs, c’est pour recommencer, c’était malin !
C’est un sujet qui fâche et qui fâche à l’intérieur même d’ailleurs du domicile, entre ceux qui le partagent et qui estiment toujours que leurs partenaires, soit sont excessifs, soit sont par défaut. Ce qui fait que l’équilibre ne semble que rarement, je dirais, satisfaisant, et l’adolescent qui nous intéresse se caractérise par ceci, qui est bien connu et que vous avez bien sûr évoqué Thierry Delcourt, c'est-à-dire qu’il s’enferme dans sa chambre. Autrement dit, il manifeste que lui, il est déjà parti. Lui, il est déjà ailleurs. Ou qu’il n’en est pas. Mais vraiment il en a par-dessus la tête.

Charles Melman : Théories se rapportant à la psychopathologie - 2

Nous allons essayer de nous réchauffer avec un sujet parfaitement excitant. On va voir si, effectivement, il vous met de bonne humeur.
Il s’agit donc aujourd’hui de conclure la mise en place des instances déterminantes de la psychose. Et je commencerai par vous rappeler ceci qu’on a déjà dû vous seriner, c’est que nous avons la spécificité dans l’espèce animale de naître sans aucun savoir inné. Vous avez tous eu le bonheur d’observer la naissance d’un bébé poulain. Je vois dans votre regard que oui : vous avez tous assisté à cette naissance. Et en tout cas, vous avez pu vérifier qu’une fois dehors, il se mettait joyeusement sur ses pattes, fragiles, trouvait très vite le pis de sa maman et puis se mettait à gambader. Voilà, il avait tout ce qui faut pour fonctionner. Ce qu’il ne manque pas d’ailleurs de faire.

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