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Claude Landman : Psychopathologie de la vie collective - 2ème tour - cours 5

Logo cours magistralJe vais tenter, ce soir, de vous proposer une réponse conclusive, assurément provisoire, à la question soulevée par le thème que j'ai abordé avec vous, cette année : existe-t-il une psychopathologie de la vie collective au même titre qu'il existe, ainsi que Freud l'a montré, une psychopathologie de la vie quotidienne ? La psychopathologie de la vie quotidienne concerne différentes manifestations symptomatiques – oubli des noms propres, lapsus, actes manqués, etc... – qui sont à rapporter à la singularité du sujet, même si la fonction de la censure qui préside à l'émergence de ces manifestations présente une dimension éminemment sociale et culturelle, du fait de son rapport essentiel avec la dimension de la loi.

Claude Landman : Psychopathologie de la vie collective - 2ème tour - cours 4

Logo cours magistralBonsoir. Vous m’entendez là ? J’ai l’impression que oui, parce que je m’entends mais c’est pas parce qu’on s’entend parler que les autres vous entendent : parfois on parle et on ne s’entend pas parler. Alors je vais quand même vous faire cette confidence qui est que lorsqu’on fait une psychanalyse, en principe, on s’entend parler. Vous savez, ça ne va pas de soi de s’entendre parler, c’est-à-dire d’avoir un retour, d’avoir des effets. Je viendrai tout à l’heure aux effets de la parole, de sa propre parole sur le corps. Et une des difficultés – je fais une petite digression, j’espère que vous me l’autorisez – une des difficultés de l’analyse avec des sujets qui présentent un bégaiement très important, c’est précisément que le sujet a du mal à s’entendre parler : ce n’est pas seulement l’analyste qui a des difficultés, c’est aussi bien le sujet lui-même. C’est une petite notation clinique, encore une fois, qui relève d’une digression.

Claude Landman : Psychopathologie de la vie collective - 2ème tour - 2

Vignette cours magistralBonsoir. Je vais prendre appui cette année, pour tenter d’éclairer ce que j’ai appelé « la psychopathologie de la vie collective », sur trois références que nous devons à la psychanalyse, où le corps, dans son rapport à la parole et au langage, se trouve engagé. Ces trois références sur lesquelles je prendrai appui sont : l’identification, le symptôme et la jouissance. J’essaierai, au terme de nos rencontres, de vous proposer une définition précise de ce que j’appelle « psychopathologie de la vie collective ». Une telle définition est loin, très loin, d’être simple et évidente, car comme je vous le faisais remarquer la dernière fois, il est bien difficile, et même dangereux, de se référer à ce qui serait une norme de la vie collective et du lien social. L’histoire, jusqu’à aujourd’hui compris, démontre amplement à quels excès monstrueux ce type de références peut conduire.

Claude Landman : Psychopathologie de la vie collective - 2ème tour - 1

Illustration des cours magistraux« Psychopathologie de la vie collective : deuxième tour » : tel est, comme vous le savez, le titre que j’ai choisi cette année pour les cinq leçons que je me propose de soumettre à votre réflexion et à votre critique. Pourquoi « deuxième tour » ? Dans la mesure où j’avais déjà consacré mon enseignement il y a deux ans j'j’avais déjà consacré mon enseignement à la question de la psychopathologie de la vie collective sous le titre suivant, dont certains se souviennent : « Introduction à la psychopathologie de la vie collective ». C’était une introduction, et il m’a paru souhaitable, compte tenu de l’actualité, je veux parler bien sûr des phénomènes dits - je dis bien “dits” parce que ce n’est pas très clair - des phénomènes dits de radicalisation, et de leurs conséquences sur le lien social et politique. Il m’a donc paru souhaitable de reprendre cette question en insistant sur un certain nombre de points que je n’avais pas été en mesure de développer autant qu’ils l’auraient mérité.

Claude Landman : La psychanalyse est-elle une psychothérapie ? (26 mai 2016)

Dans le cadre de notre école pratique des hautes études en psychopathologies, s’est tenue le 3 décembre 2011, une journée intéressante intitulée « Psychanalyse versus psychothérapie ». Titre incisif et explicite, qui semble pouvoir répondre par la négative à la question que je me pose avec vous cette année : la psychanalyse est-elle une psychothérapie ?
Cette réponse négative n’était pas exactement, je l’ai déjà souligné, la position de Freud. En 1933, dans la 34ème leçon des Nouvelles conférences d’introduction à la psychanalyse, intitulée « Eclaircissements, applications, orientations », même s’il avance, je cite : « Vous le savez peut-être, je n’ai jamais été un enthousiaste de la thérapie – il s’agit de la psychothérapie en général – il n’y a pas de danger que j’abuse de cet exposé pour faire des éloges », il dira même qu’il vaut mieux en dire trop peu que trop sur ce point. Même s’il avance ce que je viens de vous citer, il conclut cependant cette conférence de la manière suivante : « Je vous ai dit que la psychanalyse a commencé en tant que thérapie, cependant, ce n’est pas en tant que thérapie que je voulais la recommander à votre intérêt mais à cause – je l’ai déjà évoqué – de son contenu de vérité, à cause des lumières qu’elle nous donne sur ce qui concerne l’homme le plus directement, sur son être, et à cause des relations qu’elle découvre entre ses activités les plus diverses ». « Comme thérapie », il dira aussi qu’elle est la plus puissante mais dans ce passage, il dit que « comme thérapie, elle est une parmi beaucoup mais tout de même la première parmi ses pairs », et il termine ainsi : « Si elle n’avait pas sa valeur thérapeutique, elle n’aurait pas été découverte au contact des malades et ne se serait pas développée pendant plus de trente ans ».

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