Anthologie de Charles Melman

Ch. Melman: La femme, chef d'oeuvre en péril

Je commencerai donc en vous faisant cette remarque banale et cependant exacte : c’est que le statut des femmes n’est pas spécialement valorisé dans notre culture, et même dans d’autres grandes cultures, il semble qu’il y ait de façon assez générale et sans qu’on se soit donné le mot, une certaine forme [d’opprobre] concernant le sexe féminin.

Ch. Melman: La femme, chef d'oeuvre en péril

Ch. Melman : La phobie

Nous allons reprendre de façon très précise les éléments qui, pour Lacan, sont organisateurs de la phobie par une démonstration, une série d’assertions qui lui sont parfaitement originales et qui, entre autres, mettent en pratique ce tableau que nous avons pu regarder, ce tableau qui comporte la permutation du réel, du symbolique et de l’imaginaire – je dis bien la permutation des termes – était susceptible de rendre compte de ce qui dans la déclaration du petit Hans ne peut manquer de nous paraître confus et finalement, je dirais, incompréhensible. Ne serait-ce que parce qu’à la recherche permanente du sens à laquelle se soumet Freud vient là se substituer chez Lacan une pure combinatoire entre père symbolique, père réel, mère symbolique, père imaginaire, une pure combinatoire qui rend des phénomènes subjectifs et tout simplement par une permutation automatique de ces termes. ..

Ch. Melman : La phobie

Ch. melman : Deux sexes et un seul désir

Si la différence réelle des sexes est partout symbolique de la pérennité du désir, est-ce lui que la promesse d’une « égalité » aurait à forclore?
Alors comme le sujet d’aujourd’hui est un sujet qui fâche, j’avais plutôt envie de le faire sous la forme d’une causerie, ce qui implique donc qu’on laisse tomber un plan, comme ça, pour évoluer au gré de ce que l’on perçoit d’un échange, serait-il tacite… Enfin, on va bien voir si ça se termine par une insurrection au cœur de Paris. Après tout, ça nous fera un peu de distraction, on en manque !

Ch. melman : Deux sexes et un seul désir

M.Czermak, Ch.Melman et M.Darmon : Les paroles imposées

Nous proposons à l'écoute une des conférences du séminaire sur les paroles imposées qui poursuivent le commentaire du texte de Marcel Czermak Patronymies et qui trouve une résonnance particulière dans l'actualité.

M.Czermak, Ch.Melman et M.Darmon : Les paroles imposées

Ch. Melman : Conférence inaugurale 2014-2015 : Comment peut-on enseigner ensemble ?

Quand on se tourne du côté des scientifiques pour avoir une réponse à la question, eh bien là on est embarrassé, parce que d’eux, on attend une réponse scientifique à la question qu’est-ce qu’être scientifique ? Eh bien, eux, ils vont chercher leurs réponses chez les philosophes, et en particulier chez Karl Popper, mais je ne développe pas ce point-là.
En tout cas, je crois que l’on peut convenir que ce que l’on peut transmettre, ce que l’on peut enseigner pour en donner un contrepoint imagé, ce n’est pas la morale que l’on aura hérité de ses pairs, ou bien celle que l’on voudra innover pour ses propres enfants par exemple. On le sait, c’est bien difficile à transmettre, si jamais on le souhaite, mais ce que l’on transmet, ce que l’on peut transmettre, ça n’est que scientifique ; et on peut à ce moment-là se tourner vers notre école pour qu’elle vise à être scientifique. On reconnaît ses démarches, on reconnaît ce qui est scientifique à ce que c’est une écriture formalisée, et qui permet de résoudre l’impossible ouvert par le réel ayant suscité le type de recherche auquel répond cette formalisation écrite. Formalisation écrite, c’est-à-dire que ça ne relève pas d’une parole ce que je suis en train de vous dire, ça peut être scientifique, mais a priori, il faudra d’abord que vous puissiez le vérifier sur un écrit.

Ch. Melman : Conférence inaugurale 2014-2015 : Comment peut-on enseigner ensemble ?

Ch. Melman : Je n'aime pas le même, ni l'autre, ni le différent, alors qu'est ce que j'aime ?

Je me disais que si nous étions aux Etats-Unis, il faudrait que je commence comme ça : «I love you » ! Et comme vous êtes, comme ils le sont là-bas, c’est bien connu, très gentils, vous lèveriez les bras, balanceriez et vous diriez : «We love you, too !», alors je serais rassuré évidemment.
Ceci, pour vous faire remarquer, partons de ceci : on comprend ça aux États-Unis, on comprend que dans une assemblée qui est forcément rendue disparate par son hétérogénéité et qui concerne aussi bien son origine, la langue, la couleur, la religion, le sexe, l'âge, l'éducation, la fortune etc, on conçoit que pour pouvoir les rassembler autour d'un propos, pour que l'orateur puisse provisoirement constituer une sorte de famille car sinon il ne sera pas entendu, ce qu'il dira paraîtra injonctif mais nullement une adresse partagée, il faut créer artificiellement ce partage d'un trait commun qui en cette occurrence que je viens d'évoquer serait celui d'un amour, d'un trait d'amour qui, ne serait-ce que provisoirement, rassemblerait notre communauté et cela avec l'orateur lui-même.

Ch. Melman : Je n'aime pas le même, ni l'autre, ni le différent, alors qu'est ce que j'aime ?

Ch Melman : Artaud

Je commencerai en faisant remarquer le chemin que nous avons parcouru en peu de temps, puisque l’interview de Ferdière date de 1975, puisque nous sommes capables de parler d’Artaud autrement que d’une position qui se spécifie elle-même comme étant celle de la femme de chambre, puisque ce dont Ferdière se plaint c’est que ses invités viennent souiller les draps, qu’il les laisse les draps qui ne soient pas très odorants, et qu’il dénonce entre autres la saleté de la cellule dans laquelle spontanément Artaud conserverait des cochonneries. Ce qui est remarquable c’est que Ferdière, femme de chambre très cultivée comme il le dit, contourne Lacan entièrement, qu’il ne pouvait ignorer ne serait-ce que par sa fréquentation des milieux surréalistes et d'Allendy, et finalement on voit le prix que ça coûte. On ne saurait lui reconnaitre que d’être passé à côté de la question.

Ch Melman : Artaud

Ch. Melman : Intervention à la journée "Comment peut-on encore vivre ensemble ?"

Si vous le voulez bien, et pour reprendre la question qui était soulevée par Madame Cayron concernant le défaut d’une approche naturelle, disait-elle (elle s’est servie de ce terme), d’une approche naturelle de nos problèmes et qui donc obligeait à l’établissement de protocoles de conduites, je vais vous raconter une expérience qui n’est pas très lointaine, d’une invitation qui m’avait été faite à une grande réunion des travailleurs sociaux des Hautes-Seine, consacrée à la question du traitement des personnes âgées. Il y avait là, je ne sais pas, 800 travailleurs sociaux à peu près, le gratin du Conseil Général, un député ou deux, etc. Et quand je suis arrivé, la grande question autour de laquelle ces 800 personnes étaient rassemblées – je dois dire que ça m’a paru absolument magique – était la suivante (voilà un cas précis pour lequel il fallait trouver une réponse commune : une infirmière ou une soignante rentre dans la chambre d’un pépé pour lui porter son plateau, et il est en train de regarder un film porno et de se livrer à des attouchements. Question : Que faire ? (rires). Hein ? Ah ! 800 personnes !

Ch. Melman : Intervention à la journée "Comment peut-on encore vivre ensemble ?"

Ch. Melman : Introduction à la lecture des "Écrits" de Jacques Lacan

Pour nous introduire à cette lecture, la remarque qui nous vient aussitôt à l’esprit, j’en suis sûr, et qui est celle-ci : pourquoi ce titre d’Écrits ? Il y a trois sortes de publications chez Lacan : il y a les séminaires, les Écrits, et puisTélévision. C’est d’une simplicité déroutante et qui risquerait d’apparaître arbitraire, si ce n’est qu’elle nous invite à considérer que chacun de ces textes, de rassemblements de textes, est ordonné par un mode spécifique de rapport à un objet, et que c’est le mode de rapport à cet objet qui s’avère directeur dans la rédaction de ces textes. Donc les séminaires qui légitimement devraient s’appeler Paroles, les Écrits qui sont des écrits, et puis Télévision qui est donc fait pour un regard. La parole dont vous voyez que l’objet spécifique est bien entendu la voix, et les écrits dont l’objet spécifique est quoi ? Quel est l’objet spécifique ?

Ch. Melman : Introduction à la lecture des "Écrits" de Jacques Lacan

Ch. Melman : Commentaire du texte de Lacan « La science et la vérité »

Le texte de Lacan « La science et la vérité » a été publié dans les "Écrits".
Ce texte a été prononcé dans le cadre de l'association « La Convivia » devant un public restreint d'analystes le 13 janvier 2013 à Rome.

Ch. Melman : Commentaire du texte de Lacan « La science et la vérité »

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